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L’amande française a un avenir

by Anne Garabedian

« France Amande », c’est parti ! Naissance hier jeudi 5 juillet 2018 de l’association française interprofessionnelle de l’amande. Autour d’André Pinatel, président du syndicat des producteurs d’amandes de Provence créé en 2016, tous les acteurs de la filière étaient réunis, tous mobilisés dans cet élan collectif.

Les producteurs nous ont alerté sur leurs difficultés face aux parasites : « Même en conventionnel, l’amande, c’est compliqué », explique ce producteur de Valensole. « Et si nous voulons produire en bio, (forte demande relayée par Perlamande, Agribio et RéseauBio, à laquelle on ne peut répondre en France aujourd’hui), il faut nous y aider : la priorité doit être mise sur la recherche de traitements. » Réflexion partagée par le plus gros producteur d’amandes en France, Jean-Pierre Jaubert. Justement, la Compagnie des Amandes (projet privé visant à la plantation d’amandiers en Provence, Corse et Occitanie) travaille sur le sujet avec l’Inra.

Il faut planter, et replanter en Provence.

L’objectif : 2000 ha d’ici 5 ans, (gardant en tête que les arbres commencent à donner autour de la 4ème année.) La Chambre régionale d’Agriculture Paca avait été sollicitée par les confiseurs et nougatiers et accompagne le projet, ainsi que le Crédit Agricole qui met en place des solutions financières. Laurent Bélorgey, trésorier de l’association et futur amandiculteur en Camargue, en témoigne.

 

A valeur d’exemple

Pour montrer leur implication, Le Roy René a créé un conservatoire de 20 variétés sur 3 ha, François Doucet va planter 10 ha sous Oraison. Entre producteurs et entreprises, les engagements mutuels pourront être pluri-annuels afin de rassurer ceux qui plantent et prennent les risques. Les transformateurs, conscients de notre pénurie d’amandes françaises, sont prêts à faire des efforts pour marquer la différence avec les amandes de Californie et valoriser l’amande française : « Le made in France et made in Provence sont des valeurs sûres ». L’un des objectifs sera également d’obtenir les signes de qualité. « Une traçabilité de plus en plus importante pour le consommateur ». André Pinatel espère que la recherche permettra également de déterminer la différence d’ADN entre les différentes origines géographiques, peut être grâce à l’aide de Terralia qui possède un laboratoire d’analyse sensorielle. Ensuite, il faudra créer une casserie pour répondre à l’évolution de la production attendue à 5 ans.

Tous les maillons sont mobilisés

Tous les acteurs peuvent adhérer à l’association et ainsi participer à ce développement de la filière : « Améliorer notre connaissance technique, travailler sur la recherche, accompagner les producteurs, puis nous travaillerons à promouvoir l’amande française. » A l’instar de l’Occitane (qui travaille notamment en 2ème transformation sur les cosmétiques et dont la valeur principale d’entreprise est la défense de la flore de Provence), les entreprises impliquées racontent que « les premières réunions n’étaient pas simples entre tous ces acteurs, car il fallait confronter les attentes entre les différents maillons de la chaîne. Mais on mesure aujourd’hui le chemin parcouru. On croit au collectif, on est là avec les confrères pour trouver un terrain d’entente pour faire avancer la filière. » De plus, « les besoins sont complémentaires », explique Laure Pierrisnard (le Roy René et Présidente des Calissonniers d’Aix) : « François Doucet a besoin d’amandes entières calibrées pour les pralines et amandes enrobées de chocolat, les calissonniers peuvent prendre des plus petites ou cassées et l’Occitane a besoin d’huile d’amande. Cette synergie collective peut viser une exploitation totale de la production. »

Au sein de cette association interprofessionnelle nationale, des appellations régionales pourront voir le jour, de la même manière que l’Afidol promeut l’olive française et soutient l’ensemble des identités géographiques différentes. Cette semaine, l’interprofessionnelle a été reçue par la Région afin de les aider à construire un plan sur les 5 ans à venir. Affaire à suivre très attentivement, donc !

Contacts : Syndicat des producteurs d’amande de Provence Chambre régionale d’agriculture PACA

André Pinatel – Tél. 06 14 49 13 96

Sabine Picard – Tél. 04 42 17 15 10

Laurent Bélorgey – Tél. 06 18 40 84 91

 

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