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L’école du goût de Régis Marcon à la cantine de St Bonnet-le-Froid

by Anne Garabedian

La famille Marcon est particulièrement investie pour l’éducation à l’alimentation des plus jeunes. Voilà six ans qu’elle cuisine pour la cantine de St Bonnet-le-Froid et va au-delà, en créant une véritable école du goût. Le chef Régis Marcon peut aujourd’hui témoigner de ce qui marche. À l’occasion de la présentation du projet de loi pour une expérimentation de l’éducation de l’alimentation à l’école par la Députée Olivia Grégoire, il nous explique comment ça se passe à St Bonnet, histoire de multiplier les initiatives locales réussies à travers toute la France.

Des initiatives réussies, mais bénévoles

Si la loi et adoptée et que cette décision démontre que l’éducation à l’alimentation est un sujet capital, il faudra que les actes suivent, comme l’explique Régis Marcon : « S’il y a déjà des initiatives réussies dans beaucoup de territoires, il faudra des moyens pour que cela s’étende sur toute la France. Parce-que d’une part, on ne peut pas demander aux professeurs des écoles et aux enseignants de collège de s’improviser nutritionnistes ou professeurs de cuisine. Il faut que ce soit simple et ludique. Et pour cela, nous devons les former. Et d’autre part, beaucoup de nos actions locales dépendent du bénévolat. Je m’investis, je me suis entouré de grands parents qui donnent aussi de leur temps, mais pas tous les cuisiniers peuvent autant s’impliquer. »

« C’est pourquoi l’idée de créer avec cette loi une opération pilote sur trois ans, afin d’en tirer les enseignements est intéressante. Cela va nous permettre de voir comment ça se passe, d’écouter les retours sur les difficultés rencontrées et de réfléchir à comment y remédier. »

L’école du goût, comment ça marche ?

« À notre niveau, je peux vous raconter ce que nous avons mis en place en créant l’école du goût dans notre village il y a six ans. Toutes les semaines, on intervient avec un légume ou un fruit sur un temps court. On raconte l’histoire du produit, les enfants prennent la carte du monde pour en situer l’origine. On explique comment on le prépare et ce qu’on fait avec. Et bien sûr, on leur fait goûter. Il y a aussi des ateliers de cuisine salés et sucrés, mais aussi des sorties pour découvrir la nature : nous allons avec eux aux champignons, aux herbes ou au potager. »

Impliquer les parents

« Nous organisons également des rencontres avec les parents, une nutritionniste et des cuisiniers, pour que les familles soient mieux associées. Je leur explique comment nous construisons les menus de la cantine, la nutritionniste confirme les règles importantes et donne quelques conseils, et on termine avec un buffet qui a été préparé par les enfants. Il y a quelques années, la première fois que nous avons tenté ça, ils étaient quatre à nous écouter et c’était un peu triste. Mais quand on fait ça aujourd’hui, on fait salle comble ! »

Et ça marche !

« Cela fait cinq ans que l’École du Goût existe à St Bonnet et nous avons observé un changement dans le comportement des enfants, c’est certain. Le plus flagrant, ce sont les crudités. Avant, ils n’auraient jamais mangé des endives, des concombres et du fenouil cru : c’était difficile. Et maintenant, ils ont passé le cap et ils trouvent que c’est bon ! Nous avons également réussi à changer totalement leur vision sur les légumineuses. Les pois chiches ou les haricots blancs ne sont plus un problème. »

Les fruits se partagent

« En fin de repas, les panières de fruits sont obligatoires sur la table en même temps que le fromage. Par contre, cela demande un effort supplémentaire : on leur coupe les fruits et on les partage. Une pomme entière dans la panière, ils ne vont pas y toucher. Mais si on leur prépare, si on la coupe en quatre, là ils vont commencer à s’y mettre. Maintenant, j’ai un peu de temps et les grands-parents se joignent aux agents de service. Mais jusqu’ici, ce type d’action dépendait du bénévolat. »

Recenser les initiatives locales

« Il y a un grand nombre d’initiatives locales dans toute la France, des associations et beaucoup de chef.fes de restaurants ou de collectivités qui oeuvrent dans leur territoire. Après, il y a toujours la difficulté de fédérer et de rassembler. J’échange régulièrement avec la députée Olivia Grégoire. L’initiative de ce projet de loi est bonne, nous sommes tous d’accord, car cela touche tout le monde : c’est la santé de nos enfants qui est en jeu. Les mauvaises habitudes se sont installées, et ce n’est pas parti pour s’arranger. Et pour rappel, notre ennemi numéro un dans la lutte, c’est le sucre. »

« Les années en 5 » : Pour revivre l’anniversaire de la Famille Marcon, visionnez la vidéo ici.

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