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Une bibliothèque de livres gastronomiques aux enchères

by Anne Garabedian

C’est une vente aux enchères pas comme les autres : la bibliothèque de livres gastronomiques et oenologiques de Max Cointreau, confiée par sa fille Béatrice, sera présentée aux enchères publiques par la Maison Alde la semaine prochaine à Paris. Nous avons eu la chance de pouvoir approcher de près les ouvrages avant leur mise en vente et il y a quelques perles qui devraient intéresser ceux qui sont, comme nous, grands collectionneurs de livres de cuisine. En partant du principe que vous pourriez également être des collectionneurs en puissance, nous avons même pris la peine de vous faire des « spéciales dédicaces » ! 

A la découverte de ces livres gastronomiques, nous avons par exemple pensé à Denis Courtiade et Helene Binet quand nous avons vu ces deux tomes du Maître d’Hôtel Français par Augustin Carême (1822) / Parallèle de la cuisine ancienne et moderne considérée sous le rapport de l’ordonnance des menus selon les quatre saisons. Recueil de menus anciens et modernes servis à Paris, St Pétersbourg, Vienne et Londres. estimation 400/500 euros.

Le « Recettes pour un ami », de Raymond Oliver pour Jean Cocteau nous a sauté aux yeux : on connaissait la réédition de Sabine Bucquet-Grenet à l’Epure, mais voici un original de 1964. Tirage à 875 exemplaires et celui-ci possède un billet autographe de Raymond Oliver. Estimation 600/800 euros.

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Nous avons pensé à Sylvain Erhardt, Eric Roy, Joël Thiebault, .. quand on a vu « L’Agronome », ce «dictionnaire portatif du cultivateur, contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les biens de campagne et les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé et rendre gracieuse sa vie champêtre» datant de 1760. L’un des meilleurs manuels de jardinage et viticulture de l’époque. (Portatif…) Estimation 400/500 euros.

Nous avons pensé à ceux qui sont dans la réflexion de la gastronomie comme Thierry Marx, quand nous avons trouvé cette édition originale de la « Physiologie du goût, méditations de gastronomie transcendante », de Brillat-Savarin de 1826 où se mêlent philosophie, recettes et souvenirs et aphorismes comme le fameux «dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ». Un ouvrage lentement rédigé pendant ses loisirs et qui fut édité à compte d’auteur en 500 exemplaires seulement : estimation 3000/4000 euros.

Nous avons pensé à Célia Tunc et Myriam Ziad quand on a vu l’édition originale du célèbre Nicolas Appert de 1810 « L’art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales », estimation 600/800 euros. (C’est un peu notre prochain sujet, non ?)

Il y a un lot qui pourrait plaire à Yannick Colombié ou Philippe Carra, le traité de culture des arbres fruitiers de William Forsyth, 1803 + la nouvelle méthode d’afruiter le pommier et le poirier et les insectes nuisibles aux poiriers. (Estimation 200/300 euros).

Il y a aussi du Curnonsky, du Dubois (« La cuisine classique », 1856), et une édition « chimie » qui intéressera Raphaël Haumont : « recherches chimiques et microscopiques sur les conserves » de Girod Chantrans, 1802.

Bien sûr, « le confiseur moderne » de Machet, 1806, et « le confiseur impérial » de Utrecht-Friedel de 1809 iront chez Stéphan Perrotte ou chez Anatra !…

Le Parmentier « Traité sur la culture et les usages des pommes de terre », édition originale de 1789, pourrait intéresser les anciens de Robuchon comme Eric Bouchenoire.

Côté vins et champagne, c’est Alexandre Bader qui va être content : nous avons déniché un petit traité allemand de 1845 sur « le champagne médecin, les bienfaits diététiques et médicinaux du champagne sur les crampes d’estomac, les vomissements, l’anémie, les troubles menstruels etc..  ». De Abicht, estimation 200/300 euros.

Pour tous les vignerons, un ouvrage indispensable de 1515 : « Le débat du vin et de l’eau » par Pierre Jamec : un fabliau gothique composé de joutes oratoires opposant les deux breuvages, leurs vertus et propriétés : la conclusion étant que aucun ne l’emporte sur l’autre… Cet exemplaire assez unique est estimé à 4000/5000 euros.

Enfin, la vente de ces livres gastronomiques présente également un ouvrage de Poncelet (1755) « Chimie du goût et de l’odorat », qui consacre son préliminaire à sa théorie de la correspondance de la musique savoureuse des sept tons pleins avec les sept saveurs primitives : acide, fade, doux, amer, aigre-doux, austère et piquant. » Estimation 400/500 euros. Je pense notamment à mes échanges avec Philippe Conticini sur sa palettes de goûts reconstituée : cette théorie du 18ème siècle modifie un peu nos bases, non ?

Bien sûr, en écrivant ces lignes, nous avons pensé aux collectionneurs « livresdecuisinophiles » comme Ange Lelièvre, Nicolas Chatenier ou Alain Ducasse. Investir dans le papier, c’est aussi une belle idée, non ? A vos enchères !

  • Vente « Bibliothèque oenologique et gastronomique de Max Cointreau » :  Mercredi 17 mars 2021 à 14H00.
  • Alde, maison de vente spécialisée en livres, autographes et monnaies, 1 rue de Fleurus à Paris. Enchères en ligne : www.alde.fr / Cliquez sur Alde Live.

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1 comment

Lelievre 12 mars 2021 - 20 h 03 min

Merci pour toutes ces infos

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